Maladies nosocomiales, bévues chirurgicales, médicaments donnés à un patient au lieu d’un autre : les erreurs médicales sont la 3e cause de mortalité aux USA.

Chirurgien - opération
Les erreurs médicales causent 251 000 décès par an aux États-Unis. – skeeze / Pixabay

Si des cas spectaculaires font parfois les « unes » des journaux, quand un chirurgien ampute par exemple la jambe gauche alors que c’est la droite qui était menacée par la gangrène, ils ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Aux Etats-Unis, désormais, les erreurs médicales dans les hôpitaux ou autres établissements de soins constituent la 3e cause de mortalité (soit 251 000 décès par an), devant les maladies respiratoires, les accidents vasculaires cérébraux ou encore la maladie d’Alzheimer, rapporte The Washington Post.

« Les gens meurent davantage des soins qu’ils reçoivent plutôt que de la maladie pour laquelle ils sont soignés », résume Martin Makary, professeur de chirurgie à l’École de médecine de l’Université Johns Hopkins, qui a dirigé une étude sur le sujet publiée dans le British Medical Journal.

Selon lui, ces erreurs sont dues à la fois à de mauvais médecins et à des problèmes plus « systémiques », comme le manque de communication entre les personnels soignants quand un patient est transféré d’un service à l’autre.

L’étude pilotée par le Pr Makary a compilé des données de quatre recherches précédentes mais aussi les statistiques des services fédéraux du ministère de la Santé, de celui des Affaires sociales et de l’Agence pour la Recherche en Santé.

Imiter les pratiques de l’aviation

Pour Kenneth Sands, responsable de « la qualité des soins » au Beth Israel Deaconess Medical Center, filiale de la Harvard Medical School, « ce qui est alarmant, c’est que peu de choses ont évolué depuis les derniers rapports publiés sur le sujet. Les seuls progrès concernent les infections nosocomiales, qui ont fait l’objet de réels efforts ».

Selon le spécialiste, il conviendrait d’uniformiser les protocoles de soin d’un établissement à l’autre. « Les façons de faire varient trop par rapport à d’autres secteurs d’activité. Dans l’aéronautique par exemple, il y a des pratiques qui s’appliquent à toutes les compagnies pour préparer un plan de vol et des usages communs pour tous les personnels de bord. Une telle normalisation ne se voit pas dans les hôpitaux. Cela rend difficile l’analyse des erreurs et la possibilité de les corriger. C’est sur ce point que le gouvernement doit agir. »

La comparaison est reprise par le Pr Makary : « Comme il est d’usage après une catastrophe aérienne, chaque erreur médicale devrait faire l’objet d’un référencement, d’une enquête, et alimenter une base de données qui permettrait une transparence, mais pourrait aussi éviter que ces accidents ne soient répétés. »