Michel Rocard

Quelle année 2016 vivons-nous ! Les décès se succèdent! Il n’est pas bon de se prénommer Michel lorsque nous sommes une personne connue.

Nous venons d’apprendre le décès de Michel Rocard. Il s’est éteint à l’âge de 85 ans à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Cela fait suite à un cancer dont il se déclara guéri en 2015. Il n’aura pas été épargné par les problèmes de sante. Nous pouvons nous souvenir de l’hémorragie cérébrale de 2007 en Inde où il fut opéré. En 2012, un malaise cardiaque le contraint à une hospitalisation en soins intensifs en Suède.

Même s’il était continuellement en mouvement, il s’était mis à l’écart de la vie politique. Depuis qu’il a démissionné de son poste de député européen en janvier 2009,il préférait participer aux groupes de réflexion pour apporter ses idées et sa grande expérience. Il aura été élu politique pendant quarante ans dont quinze années au parlement européen.

Sans conteste, nous l’avons connu à travers ses relations divergentes avec François Mitterrand. Il en fut son premier ministre au début du septennat de 1988. Le Président de la République le nomma en pensant que Michel Rocard ne resterait pas longtemps aux affaires. Mitterrand prononça cette phrase qui en dit long sur la relation qu’ils pouvaient entretenir: « Je vais le nommer puisque les Français semblent en vouloir […] Mais vous verrez, au bout de dix-huit mois, on verra au travers ». Ce n’est pas ce qui se passa. Michel Rocard resta à la tête du gouvernement plus de trois ans.

Il est le symbole de la possibilité d’une deuxième gauche. Très vite, sa volonté de montrer la voie des progressistes lui a conféré un profil de Présidentiable. Malheureusement pour lui, il n’a pas pu accéder à cette élection. Contré par Mitterrand ou par la montée de Ségolène Royal, cela n’aura pas servi sa cause.

Adepte de petite phrase singulières et corrosives, celles-ci resteront longtemps dans les annales de la Politique:
– « La politique est dégueulasse, parce que les hommes qui la font la rendent dégueulasse. »
– « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre fidèlement sa part. »,
– « Sucer c’est tromper? Non ».

Maintenant, il va recevoir les hommages qu’il a souhaité. Il laissera de nombreuses traces à l’ensemble de la gauche pour lui permettre de comprendre ce qu’il entendait par progrès social.