Le gouverneur Carl Decaluwé a provoqué une vive polémique en demandant de ne pas distribuer d’aide alimentaire aux migrants réfugiés à Zeebrugge

(Source : Photo : AP)Le gouverneur de la province belge de Flandre occidentale, Carl Decaluwé, a provoqué des réactions très hostiles dans le royaume en appelant la population de Zeebrugge à ne pas distribuer d’aide alimentaire aux migrants. «Ne nourrissez pas les réfugiés, sinon d’autres viendront » a conseillé l’élu démocrate-chrétien lundi sur les ondes de Radio 2.

Le port de Zeebrugge est situé à une heure et demie de route de Calais. Des migrants ont décidé de faire le trajet et de tenter de gagner la Grande-Bretagne depuis la Belgique. Ils espèrent que les contrôles de police et de douane dans ce port spécialisé dans le fret des marchandises seront moins stricts qu’en France.

La crainte d’un jungle comme à Calais

En réaction aux propos du gouverneur, comme ils l’avaient déjà fait le week-end dernier, des bénévoles d’associations humanitaires ont distribués mardi des repas chauds à plusieurs dizaines de migrants.

La crainte des autorités belges est que se développent « des camps de tentes comme il en existe à Calais », ainsi que l’avait évoqué le ministre de l’Intérieur Jan Jambon il y a quelques semaines déjà, faisant allusion à la « Jungle » qui jouxte le port français, où plusieurs milliers d’adultes et d’enfants survivent dans des conditions précaires.

Selon différents quotidiens belges, cependant, la situation à Zeebrugge est pour l’heure sans aucune mesure avec le contexte de Calais. On dénombrerait moins d’une centaine de personnes qui se regroupent la nuit aux abords d’une église, en centre-ville, ou qui dorment sur les plages des environs.

Au-delà du nombre réel de migrants et réfugiés, c’est le vocabulaire utilisé par le gouverneur qui a choqué. Présidente de Médecins du Monde, la Française Françoise Sivignon a indiqué au Figaro : « La société civile ne doit pas cautionner de tels propos. Elle doit se révolter et se mobiliser pour influer sur les actions des élus. L’indignation ne suffit plus. Comparer des migrants à des animaux devrait être sanctionné. »